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AgronomiePublié le 8 avril 20263 min de lecture

Pourquoi une plantation est toujours en partie hors production

Sur les 42 027 hectares plantés de la CDC, une partie ne produit rien à tout moment donné. Ce n'est pas un manque. C'est la forme même d'une culture pérenne.

Un tracteur travaillant une terre nue à côté d'un bloc encore en pleine feuille

Une culture annuelle est plantée et récoltée dans l'année : un champ est donc soit en production, soit en attente de la saison suivante. Le palmier à huile, l'hévéa et le bananier ne fonctionnent pas ainsi. Une palmeraie produit pendant environ un quart de siècle, une hévéaculture pendant une trentaine d'années, et au terme de cette période le bloc entier doit être arraché et replanté.

Conséquence : une plantation n'est jamais uniformément productive. Répartissez 42 027 hectares sur trois cultures et plusieurs décennies de dates de plantation, et à tout instant certains blocs sont matures et produisent, d'autres ont passé leur optimum, et d'autres encore sont des terres dégagées ou de jeunes plants qui ne rendront rien avant des années.

C'est pourquoi les hectares et les tonnages ne se suivent jamais proprement, et pourquoi comparer les deux sur une seule année dit moins qu'il n'y paraît. Le chiffre des surfaces compte la terre engagée dans la culture. Celui des tonnages ne compte que la part actuellement en production.

Cela fait aussi de la replantation un problème de calendrier plutôt que d'entretien. Arrachez trop d'un coup et la production chute pendant des années ; trop peu, et l'âge moyen du peuplement monte jusqu'à ce que les rendements baissent d'eux-mêmes. Le travail d'une plantation consiste en grande partie à maintenir cette répartition régulière.